J’ai découvert le blog de Sarah Gysler « L’Aventurière fauchée » l’année dernière et je l’ai lu d’une traite. Il y a quelques années, cette Suissesse a décidé de quitter sa Suisse natale pour parcourir le monde. Elle est partie seule et sans un sous en poche. Sur son blog, elle raconte ses différents voyages : le premier en stop jusqu’au Cap Nord, son séjour avec une famille mongole, son voyage aux Philippines et tous ceux qui ont suivis.

Il existe beaucoup de blogs de voyage magnifiques, avec des filles toutes plus belles et plus stylées les unes que les autres, avec des photos incroyables et qui te racontent leurs trips géniaux et surtout parfaits. Ce que j’ai tout de suite aimé dans le blog de Sarah, c’est qu’elle y raconte de manière très sincère sa vie sur la route. Elle parle de ce qui ne va pas, de ses doutes et de sa solitude. La vie sur la route est faite de périodes magiques où tout se met en place facilement, où tout va bien, où tout est magnifique, mais aussi (beaucoup) d’autres moments (beaucoup !) moins faciles où ça foire, où on se sent seule et nulle.

Son blog m’a aidée à plus m’ouvrir sur mon voyage et m’avait inspiré ce post que j’avais partagé sur Instagram et Facebook au moment des 3 mois de mon dernier voyage. Je venais d’arriver en Palestine, j’étais submergée par de nombreuses émotions intenses et contradictoires, et je vivais surtout une grosse remise en question. Le voici :

« 3 mois de voyage.

C’est certainement la partie la plus difficile de mon voyage. On parle jamais vraiment de ça quand on voyage : les coups de mou, les coups de blues, les déceptions, les trucs qu’on avait pas prévu et auxquels on doit faire face, la fatigue, la lassitude, la solitude parfois.

Partir c’est vivre des choses magiques, rencontrer de nouvelles personnes, partager des moments fabuleux. C’est aussi se retrouver seul*e* faire face à ses angoisses, ne plus avoir de repères, se confronter à certaines réalités.

Depuis mon arrivée en Palestine, tous les sentiments se mélangent. Il y a la situation ici, l’enfer quotidien que vit la population palestinienne, les humiliations permanentes, la peur, les arrestations arbitraires, les tirs dans la nuit. Plus que de la tristesse c’est de la colère que je ressens. Souvent je me demande si ça change quelque chose ce que je fais, si ce n’est pas pour se donner bonne conscience, si c’est pas en vain. Et puis je me rappelle que le pays tient aussi le coup en partie grâce à la présence d’internationaux et d’ONG. J’essaie de penser aux gens et de croire que chaque geste, chaque action compte. Que dans ma vie quotidienne, c’est un mot, un sourire de quelqu’un qui peut changer ma journée.


Et aussi je me rappelle qu’une période difficile est parfois nécessaire pour aller mieux. Je me rappelle que c’est la vie que j’ai choisie et que c’est ça le bonheur : prendre ses propres décisions, être en accord avec soi-même. C’est pas avoir le sourire 24h/24h mais vivre la vie qu’on a choisi, dans les bons et les mauvais moments.
« 

Ce post m’avait valu beaucoup de réactions positives de la part de personnes qui disaient comprendre ce que je ressentais et étaient heureux de lire et de partager ces émotions-là. Finalement, je trouve que c’est ça qui est intéressant, partager ce que l’on ressent vraiment, se mettre à nu et permettre peut-être à d’autres personnes d’accepter ce qu’elles ressentent. Après avoir posté ce post et reçu les réactions, je me suis sentie un peu mieux, et petit à petit les choses se sont arrangées et j’ai récupéré mon énergie.

Je pense qu’il est vraiment important d’être honnête, dans la vie mais aussi sur ce blog. A quoi bon partager les mêmes photos et les mêmes commentaires que tout le monde sur le Trésor de Pétra ou le Jardin Majorelle de Marrakech. Ce qui est intéressant c’est la vision des choses, le ressenti de chacun sur le voyage, ce que l’on voit et ce que l’on comprend ou non.

Bref, de son blog et ses différents voyages, Sarah en a fait un livre où elle raconte comment elle s’est affranchie des pressions sociales et de son histoire familiale en/pour parcourir le monde sans argent… Inspirante, forte, drôle et fragile à la fois.

Alors ouvrez-vous, dites ce que vous ressentez, pleurez, criez et surtout, lisez le livre de Sarah Gysler « Petite » et voyagez pendant quelques heures avec elle, sincèrement.

L’aventurière fauchée – et sincère.

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