Passion bonnes sœurs

Sœur Emmanuelle

Cet été j’ai lu l’autobiographie de Sœur Emmanuelle « Confessions d’une religieuse » où elle raconte son entrée au couvent à l’âge de 20 ans, sa vie de religieuse, son métier d’enseignante qu’elle a exercé en Turquie, en Tunisie et en Egypte, les études qu’elle a suivies jusqu’à plus de cinquante ans (elle avait une licence de grec, une de latin, une de philosophie, etc.) et son expérience de près de 20 ans dans un bidonville du Caire à vivre au sein de cette communauté si particulière de la capitale égyptienne ainsi que le combat qu’elle a mené pendant toute cette période pour améliorer leurs conditions de vie.

Les Zabbaleens – Les Chiffonniers du Caire

La première fois où j’ai vraiment entendu parler du travail de Sœur Emmanuelle, c’est lorsque j’ai traversé ce bidonville que l’on appelle « Garbage City » pour aller visiter différentes églises situées près de ce quartier. C’est le quartier où les éboueurs du Caire ramènent les déchets, les trient, les recyclent et les revendent. La particularité de ce quartier c’est que les gens vivent au milieu de ces déchets. Ils sont partout. Autrefois ces éboueurs s’occupaient du ramassage des ordures de la ville du Caire mais en 2003 la municipalité décide de confier cette tâche à des compagnies étrangères. Cette décision a largement impacté la population des Zabbaleens pour laquelle le ramassage et le traitement des ordures représentent leur gagne-pain principal. La majorité des Zabbaleens sont coptes (environ 90%), la seconde activité principale est l’élevage et la vente de porcs. Or en 2009 le gouvernement, prétextant une épidémie de grippe aviaire, fait abattre une grosse partie de l’élevage de porcs du quartier. C’est un nouveau coup dur pour l’économie déjà très précaire du quartier.

C’est en 1971, au moment de sa retraite, que Sœur Emmanuelle décide de s’installer vivre avec les Chiffonniers. Elle va partager leur quotidien dans le bidonville et commencer son combat solidement aidée par Sœur Sara et autres personnes qui vont lui prêter main forte : accès à la santé, à l’éducation, moments de rencontre entre différentes confessions ou classes sociales, création d’un dispensaire, d’une école et de bâtiments en brique (les Chiffonniers vivaient alors dans des tentes ou des abris en tôle) et mise en lumière de la situation dans ce quartier, elle agit sur de nombreux fronts.

El Seed

C’est aussi ce quartier que l’artiste El Seed a voulu mettre en lumière grâce à son œuvre « Perception », une calligraphie qui s’étend sur différents bâtiments et qui se complète selon l’endroit où l’on se place pour l’admirer.

Cette œuvre est d’ailleurs la première image du documentaire « Trash Town » consacré à ce quartier et à ses habitants.

En savoir plus :

*Sœur Emmanuelle, sa vie et son association au Caire ASMAE

https://www.asmae.fr/soeur-emmanuelle/

 

*Les Zabbaleens

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/en-direct-du-monde/en-direct-du-monde-dix-ans-apres-sa-mort-le-travail-engage-par-soeur-emmanuelle-se-poursuit-en-egypte_2987555.html

Taking A Peek of The Zabbaleen: The Garbage People of Cairo, Egypt

Une ville poubelle en Égypte (Éboueurs Zabbaleen)

Les Couleurs de la Russie

Après l’ode à mon automne russe, j’ai continué de revoir apparaitre les couleurs de la Russie dans ma tête jusqu’à aller fouiner dans mes photos pour en ressortir quelques unes de mes préférées.

 

Moscou

 

Saint-Pétersbourg


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Schizophrénie

Ces derniers jours, j’ai eu une forte envie de me retrouver en France. J’avais envie d’être dans les calmes et belles rues d’Avignon, de prendre un café dans mon café préféré, de manger une tartine Place des Corps Saints, de me promener en petite robe légère sans me soucier du regard des passants. J’ai cru un moment la dernière fois que j’ai quitté la France pour venir m’installer au Caire, que j’en avais fini avec ma vie française. Évidemment, les choses sont bien plus compliquées que ça. Je me sens chez moi en Égypte, c’est un pays que j’aime d’un amour passionnel, mais la France est aussi chez moi. Il y a des choses que j’adore et que je déteste dans les deux pays. C’est la difficulté de se sentir chez soi à deux endroits différents, ce sentiment de schizophrénie qui n’est pas toujours facile à gérer.

C’est vrai qu’aujourd’hui, après dix ans de voyage, je gère beaucoup mieux le manque et la vie « ailleurs », rien à voir avec la première fois que j’ai quitté mon chez moi à 20 ans pour aller vivre un an à Berlin. Depuis il y a eu la vie au Maroc, en Russie, en Égypte et en Palestine, et puis des tas de voyages qui m’ont fait grandir et me renforcer. N’empêche qu’il y a toujours ces petits moments où j’aimerais être ailleurs, là où se trouve la deuxième moitié de mon cœur d’artichaut. Il y a pourtant fort à parier que si j’étais en France actuellement, je souhaiterais certainement… être en Égypte ! 🙂 Mais ces moments ne durent pas, cette semaine quelques jours de cafard puis une invitation à diner dans une merveilleuse famille égyptienne, une discussion au soleil avec une amie, un repas sur le Nil avec une autre et les couleurs des immeubles cairotes me rappellent pourquoi je suis là, passionnément. 💛🍀

 

Ode à mon automne russe.

Il y a 5 ans à la même époque, je vivais à Moscou, en Russie. Je me faisais suivre jusqu’à chez moi le premier soir et je devais évacuer mon immeuble en pleine nuit en raison d’une alerte à la bombe, mais à part ça c’était cool 🙂 J’y ai rencontré des gens géniaux, j’allais danser dans cette boîte qui passait du rock des années 50 à aujourd’hui tous les samedis soir, je mangeais des tonnes de pancakes au diner le dimanche midi, je prenais toujours le même plaisir à me balader sur la Place Rouge et je regardais avec émerveillement la neige recouvrir la ville au début de l’hiver. Ce ne fût pas la période la plus facile de ma vie, Moscou a été une expérience compliquée, mais je ne regrette rien. Ode aux décisions trop rapides, aux changements de plan de dernière minute et aux erreurs, et merci la vie ❤

Palestine V // Bethléem et le mur de séparation

L’année dernière, j’ai passé Noël à Bethléem en Palestine. Bethléem serait la ville de naissance de Jésus, j’ai d’ailleurs pu visiter l’église de la Nativité et voir la grotte où il serait né. C’est une belle ville ancienne aux édifices religieux et bâtiments en pierre. C’était beau de se retrouver là le jour de Noël, voir des pèlerins du monde entier venir se recueillir.

Mais Bethléem est aussi une ville séparée en deux par un immense mur au milieu duquel trône un checkpoint qu’il faut parfois plusieurs heures aux voitures pour traverser. La tension dans la ville est forte et dans cette ville majoritairement chrétienne, ce sont parfois les églises qui permettent l’appel à la prière des musulmans lorsque les mosquées en sont dans l’incapacité.

Lors des quelques jours que j’ai passés à Bethléem, des manifestations avaient lieu devant le mur de séparation. Un homme déguisé en Père Noël était là et sonnait la cloche. Il y avait des manifestants, des journalistes… Cette période était particulièrement tendue en Palestine car juste après que Trump ait déclaré qu’il allait déménager l’ambassade américaine à Jérusalem et que cette dernière était la capitale d’Israël. En réponse aux manifestants, deux soldates israéliennes depuis leur tour de contrôle en haut du mur, lançaient des bombes assourdissantes. Certaines ont atterri sur le toit d’un taxi qui passait par là ou auprès d’un groupe d’enfants. Et elles, elles riaient.

La construction du mur de séparation entre Israël et la Palestine a débuté en 2000 lors de la seconde Intifada. Sa construction devait alors être une solution temporaire. La raison invoquée était la « sécurité » des Israéliens. Les Nations Unies ont déclaré le mur illégal et demandé l’arrêt de sa construction et le dédommagement aux Palestiniens. Mais rien n’est fait, et en 2017, une dizaine d’années après la fin de la seconde Intifada, le mur continue de s’étendre… A Bethléem, le mur est aux portes de la ville. Il est un lieu d’affrontements entre civils palestiniens et soldats israéliens. Il est aussi devenu un moyen d’expression pour des centaines de street artistes, rappelant ainsi le mur de Berlin. Ce détournement du but même du mur est controversé. Le street artiste Banksy, l’un des premiers à avoir graffé sur le mur, a raconté comment un Palestinien l’avait interpelé alors qu’il graffait sur le mur pour lui demander ce qu’il faisait. Banksy lui a répondu qu’il voulait rendre le mur beau, mais le Palestinien a rétorqué que ce mur était une chose horrible pour le pays et qu’il ne fallait pas le rendre beau. Et c’est vrai qu’à voir les touristes poser tout sourire devant le mur, il y a de quoi s’interroger. Peut-on faire une œuvre d’art d’une chose aussi laide et cruelle? Faire de l’art avec ce mur ne détourne-t-il pas son principal symbole : l’occupation de la Palestine par Israël ? Ou au contraire cela apporte-t-Il de l’attention sur ce qu’il se passe ici?

Mon préféré !

Un pas après l’autre.

Il y a quelques mois, je prenais la décision de repartir au Moyen-Orient pour une durée indéterminée, sans plan précis mais avec la volonté de m’écouter et de répondre au besoin que j’ai d’être dans cette région du monde.

Aujourd’hui, cela fait un mois que je suis revenue au Caire et l’arrivée à été plus dure que je ne l’aurais pensé. Pour la première fois, je reviens au Caire avec un projet à mettre en place. Finie l’insouciance des vacances, de toute façon je crois que je n’en suis plus capable. Au début j’ai pensé laisser tomber, fuir, ne pas m’engager et oublier. Mais je ne peux pas, quelque chose m’en empêche et aussi dur que ce soit de commencer ce nouveau chemin, je sens au fond de moi que c’est la bonne direction.

J’ai donc trouvé du travail, je vais être enseignante de français au Collège de la Mère de Dieu, je crois que c’est l’entre deux que je recherchais : un établissement à taille humaine et familial en plein centre-ville proche de la réalité cairote. Je me suis inscrite dans une école d’arabe et j’ai trouvé un prof de oud. J’ai rencontré de nouvelles personnes qui sont au Caire pour les mêmes raisons que moi et qui me donnent espoir.

J’ai aussi retrouvé mes amis cairotes, ceux que je connais depuis des années. Jamais je ne les ai trouvés aussi fatigués et aussi las. En un an la situation s’est énormément aggravée en Égypte. Tout est plus cher (sauf les salaires) et même la classe moyenne se retrouve avec la corde au cou. Le gouvernement continue d’arrêter et d’emprisonner de manière très aléatoire tous ceux qui se, ou pourraient, s’opposer au régime (il n’y a qu’à voir la blague qu’ont été les élections au printemps dernier). Pas d’argent, pas de droits, pas de libertés, pas d’espoir. Tous pensent à partir, pour essayer ailleurs, avoir au moins la possibilité de goûter un peu à la liberté. Ils savent que la vie n’est pas rose en Europe mais ici il n’y a rien.

Alors que faire ? Je ne sais pas, je n’ai pas de réponse. Continuer de se battre, trouver de nouveaux moyens. Cette année, j’apprends à être patiente et à réfréner mes envies de prendre mon sac-à-dos pour partir en trip solo à l’autre bout de la planète. Mais je sais que c’est pour le mieux. Mettre un pied devant l’autre et faire un pas après l’autre, pour me permettre de construire mon nouveau projet. Être patiente pour me reconstruire. Et ça ira, Inshallah.

Graffiti par l’artiste Elna2ash, dans un de mes cafés préférés Al Bustan, Le Caire.

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Palestine IV // Al Khalil (Hébron)

Je n’ai passé que 2 jours dans la ville de El Khalil et pourtant j’y ai ressenti tout un tas d’émotions. J’entendais parler de cette ville depuis mon arrivée en Palestine et je ne cessais d’être mise en garde sur le degré de tensions présent là-bas. La Palestine est déjà en soi une prison à ciel ouvert mais à El Khalil, le sentiment d’étouffement est à son comble.

Fin janvier, j’ai quitté Ramallah en bus un dimanche après-midi. Je suis passée comme maintes fois avant cela devant le checkpoint de Kalandia, celui qui mène à Jérusalem, j’ai traversé Bethléem, circulé dans les montagnes avant d’arriver en fin de soirée à El Khalil. Je suis la dernière passagère dans le bus et le conducteur me dépose près d’une mosquée où je vais rejoindre Mohamed, l’un des volontaires d’une association palestinienne. L’objectif des associations palestiniennes de cette ville est de venir en aide aux familles pour les aider à rester à Al Khalil. Le but des colons étant de s’étendre, ils usent de tous les moyens pour pousser les Palestiniens à quitter leur maison afin de pouvoir ensuite s’en emparer et gagner du territoire. La situation est la même partout en Palestine mais elle est particulièrement grave à Al Khalil.

Je suis un peu en retard, le tour politique du soir a commencé, je les attrape au passage. La visite consiste à nous montrer depuis les hauteurs les différentes parties de la ville, où comment elle a été morcelée et comment cela a résulté en une véritable ségrégation entre Palestiniens et Israéliens au sein même de la ville. A un moment-donné, on tombe devant le bureau de je ne sais quel groupe israélien, 2 colons sont à l’extérieur. En nous voyant, les 2 colons commencent à nous insulter et à diriger des gros faisceaux de lumière sur nous pour empêcher le tour de se dérouler normalement. Puis nous allons rendre visite à une famille qui vit près d’une prison israélienne et qui sont régulièrement victimes d’agressions. Comme d’habitude, malgré la gravité de la discussion, tout le monde blague, sourie, propose un thé, des fruits, des biscuits. Pourtant cette famille a vécu l’enfer, elle survit en partie grâce à l’association. En rentrant au centre de l’association ce soir-là où je serai hébergé pour ces 2 jours, je suis épuisée. Il y a quelque chose de lourd ans l’air, et j’ai les témoignages de cette famille qui tournent en boucle dans ma tête.

Le lendemain, nous nous rendons dans le centre-ville pour la suite du tour politique. Pour rejoindre le centre-ville, il faut passer l’un des innombrables checkpoints de la ville que des centaines de personnes doivent franchir quotidiennement. Il faut parfois attendre des heures et bon nombre de Palestiniens subissent des insultes et des humiliations permanentes.

On passe un premier checkpoint et très vite on comprend que quelque chose cloche vraiment dans cette ville. La colonisation est ici visible partout : il y a par exemple la rue Shohada qui a été fermée, isolant ainsi une partie de la population. Les associations luttent pour la réouverture de cette rue. Dans une autre rue plus loin, au dessus de la ruelle entre 2 bâtiments, un grillage protège les habitants des ordures jetées par les colons israéliens qui vivent au dessus sur les passants palestiniens.

Mais le plus impressionnant dans la ville, c’est qu’il n’y a plus grand monde. Ce n’est pas pour rien que l’on appelle Al Khalil « Ghost Town » (« La ville fantôme »). Humiliations, violences, arrestations arbitraires, évictions de leur maison, fermeture des épiceries et autres boutiques, la vie des Palestiniens est devenue un enfer et beaucoup n’ont eu d’autre choix que de fuir.

Les maisons récupérées par les Israéliens sont marquées d’une croix de David. Une façon de faire étrange qui ne peut que rappeler comment les maisons des Juifs et les Juifs eux-mêmes étaient marqués de cette croix de David pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Le tour politique s’arrête lorsque nous arrivons à une partie de la ville où Mohamed ne peut pas aller. En effet toute une partie de la ville est interdite d’accès aux Palestiniens. Il nous invite pourtant à continuer pour voir le quartier.

Un soldat israélien se joint à un autre tour politique…

Après avoir fini le tour, je suis allée visiter la mosquée qui abrite le tombeau des Patriarches, c’est-à-dire le tombeau d’Abraham ou Ibrahim, le père fondateur des 3 religions monothéistes. En 1994, pendant la prière du vendredi du mois de Ramadan, un colon israélien est entré dans la mosquée et a tué 29 Palestiniens et en a blessé 125 autres. La mosquée a été fermée pendant 8 mois et, à sa réouverture, les Palestiniens ont pu découvrir que quasiment la moitié de la mosquée avait été transformée en synagogue. Désormais il y a 2 entrées pour le bâtiment : une pour les Musulmans et une pour les Juifs. L’entrée pour les Juifs n’est réservée qu’aux Juifs et celle pour les Musulmans est « protégée » par les Israéliens via un nouveau checkpoint. J’ai vu de nombreux Palestiniens devoir se soumettre à des contrôles de sécurité stricte avant de pouvoir se rendre dans leur lieu de culte.

Après ce tour riche en émotions, il était bon de rentrer au centre de l’association et d’y retrouver tous les volontaires autour du feu préparé dans la cour. Comme la veille, tout le monde parlait, écoutait de la musique arabe, riait. Ce soir-là, j’ai préparé un koshary (un plat traditionnel égyptien) pour tout le monde. Je ne crois pas que tout le monde est aimé mais ils ont apprécié le geste, c’est déjà ça ! Les rires et l’espoir malgré la haine à quelques pas. Juste derrière le centre, c’est un quartier entier qui a été colonisé. Les Palestiniens ont été expulsés de leur maison par la force en même temps que des familles israéliennes s’y installaient, les affaires des anciens propriétaires parfois encore à l’intérieur. Si on fait le tour du centre, on voit ces maisons depuis l’arrière et les 2 soldats qui les protègent jour et nuit. Parfois dans la nuit, ils viennent toquer sur les portes et les fenêtres du centre. Ce dernier a même déjà été cambriolé par les soldats.

 

Pendant mon court séjour à Al Khalil, j’ai eu la chance de rencontrer Esraa avec qui je me suis très vite liée d’amitié. Esraa est une Suissesse d’origine égyptienne qui vient régulièrement en Palestine. Cette fois-ci, elle était volontaire dans l’association afin d’aider pour les tours politiques ainsi qu’à la mise en place des différentes campagnes. Elle a publié sur FB 4 portraits d’habitants d’Al Khalil que j’ai voulu partager ici avec son accord. Shokran ya hbibti Esraa <3

 

Youssef, 14

« I want to become a doctor one day. School can be hard sometimes. The other day, the Israeli army entered our school so the teachers sent us home after the third lesson. We are used to smell teargas or hear sound bombs while studying. Still, I would never leave Palestine. It’s where home is. »

“Je veux devenir docteur un jour. C’est parfois dur l’école. L’autre jour, l’armée israélienne a encerclé notre école, du coup les professeurs nous ont renvoyés chez nous après le troisième cours. On est habitués à sentir l’odeur des bombes lacrymogènes ou à entendre des bombes pendant qu’on étudie. Mais peu importe, je ne voudrais jamais quitter la Palestine. C’est chez moi ici. »

 

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Aysha, 12

“It’s different for girls to live here. Girls my age in other countries can go play outside, meet their friends without worrying that they might get hurt by a settler or a soldier. I dream of becoming a teacher, having a family and that one day it will all be over like a bad dream. Maybe I will have a girl that can go play outside. But for now, what can I do, I’m 12.”

« C’est différent pour les filles qui vivent ici. Dans les autres pays, les filles de mon âge peuvent sortir jouer dehors, elles peuvent voir leurs amis sans avoir peur d’être agressées par un colon ou un soldat. Je rêve de devenir professeur, d’avoir une famille et qu’un jour tout cela sera terminé, comme un cauchemar. Peut-être qu’un jour j’aurai une fille qui pourra jouer dehors. Mais pour l’instant qu’est-ce que je peux faire ? Je n’ai que 12 ans. »

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Mohammed, 21

« My father is sentenced to 727 years in prison. Yes, for over 700 years. He was arrested during the second intifada in year 2000. I was allowed to visit him until I was 14, so I haven’t seen him for the past 7 years. My mother is a very strong woman, she did everything for us. It’s difficult but I was born into these circumstances. Well, this is Palestine. »

Mon père a été condamné à 727 années de prison. Oui, plus de 700 ans. Il a été arrêté pendant la seconde Intifada en 2000. J’ai eu le droit de lui rendre visite jusqu’à mes 14 ans, donc ça fait 7 ans que je ne l’ai pas vu. Ma mère est une femme très forte, elle a tout fait pour nous. C’est dur, mais c’est dans ce contexte que je suis né. Voilà, c’est ça la Palestine. »

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Mohammed, 82

« See, I don’t have many neighbours anymore. The shops were closed, the people were forced to leave their homes. I know I have to keep my home safe. I pray to stay alive just so they don’t take it.
If god is willing, the world will see the truth before I die. And if not, it’s good to know that I resisted until my last breath. »

“Vous savez, je n’ai plus beaucoup de voisins. Les magasins ont été fermés, les gens ont été forcés de quitter leur maison. Je sais que je dois protéger ma maison. Je prie de rester en vie juste pour qu’ils ne la prennent pas. Si Dieu le veut, le monde verra la vérité avant que je ne meure. Et sinon, c’est bon de savoir que j’aurai résisté jusqu’à mon dernier souffle. »

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Palestine III // Bénévole avec l’association Jordan Valley Solidarity, construction d’une salle de classe dans une école bédouine.

J’en ai parlé dans un article précédent, l’un des projets auquel j’ai le plus participé pendant mon séjour en Palestine a été la construction d’une nouvelle salle de classe (une salle d’activités) dans une école bédouine avec l’association Jordan Valley Solidarity.

J’ai décidé de vous en parler plus amplement car vous pouvez vous aussi participer à ce projet (et plusieurs autres) que ce soit à travers une aide financière ou bien en devenant volontaire pour l’association. J’ai donc pensé vous faire une petite présentation du contexte et des différents projets en cours.

Vallée du Jourdain – situation politique

La Vallée du Jourdain représente 30% de la Cisjordanie (la Palestine est constituée de la Cisjordanie, Jérusalem-Est et de la bande de Gaza), le Jourdain étant le fleuve qui court entre la Jordanie et la Palestine avant de rejoindre la Mer Morte (partiellement asséché aujourd’hui).

En 1967, la Vallée du Jourdain comptait 320 000 Palestiniens, aujourd’hui elle n’en compte plus que 56 000. Il y a environ 10 000 colons israéliens illégaux répartis dans 37 colonies. La Vallée du Jourdain se situe en zone C, c’est-à-dire que l’on se trouve en Palestine mais que la zone est sous le contrôle de l’armée israélienne. Toute demande de constructions, rénovations ou récoltes doit être approuvée par l’armée israélienne. Par exemple, je vous en avais parlé dans cet article, la récolte des olives dans leur propre champ doit être approuvée par l’occupation. Cette approbation est limitée, aléatoire et réversible. Lorsque je suis allée accompagner cette famille palestinienne pour récolter leurs olives, ils possédaient une autorisation de récolte pour 3 jours par l’armée israélienne. Le premier jour, l’armée est venue par 2 fois sur le champ vérifier l’autorisation, compter le nombre de personnes présentes et surveiller. Le lendemain, nous avons reçu un coup de fil de la part de la famille : l’autorisation avait été annulée, c’en était tout de la récolte cette année. Plus tard, j’ai assisté à la destruction d’un abri dans le champ d’un fermier palestinien, une quinzaine de soldats et 2 bulldozers pour ce seul homme et son abri… C’était la 8ème fois en 4 mois que cet homme recevait la visite de l’armée israélienne pour une destruction quelconque. Fatigués, las, angoissés, apeurés, beaucoup de Palestiniens décident de quitter leurs terres, permettant ainsi à Israël de les récupérer et d’agrandir doucement leur territoire.

Le village

Le village de Badu al-Kaabneh est situé dans la Vallée du Jourdain près de Jéricho, et a une population d’environ 2000 personnes qui sont des réfugiés de 1948 (c’est le nom qu’on donne à Israël en Palestine). Ces personnes ont été déplacées de la région de Naqab vers la partie palestinienne de la Vallée du Jourdain et ont été dépourvues de leurs terres et de leur droit au retour jusqu’à aujourd’hui encore.

Les villageois sont toujours menacés d’être déplacés et d’être privés de tous leurs droits comme ceux au logement, à l’éducation, à la santé, à l’accès à l’eau et à l’électricité. L’école bédouine d’Al-Kaabneh a aussi été menacée de démolition par un avis de démolition adressé en mains propres aux enseignants.

L’école

L’école a ouvert en 1967. Au départ, il y avait seulement une tente bédouine traditionnelle appelée “Khaima”. Il y avait seulement un enseignant et 15 à 20 élèves allant de la classe de CP à la 6ème. Parce qu’ils voulaient prendre la terre, les Israéliens ont déplacé l’école vers une classe unique en brique en 1987. Entre 1995 et 2003, plusieurs salles de classe ont été construites : 1 faite de pierres, 2 de métal ainsi que 7 caravanes. En 2010, l’association “Jordan Valley Solidarity” a construit 5 caravanes et peint toutes les salles. L’Union Européenne a également fait don de 2 salles de classe à l’école.

En 2000, l’école s’est agrandit jusqu’à la 3ème et en 2013 les enfants âgés de 5 ans ont pu être accueillis à la maternelle. Aujourd’hui en 2018, l’école accueille 80 élèves de la maternelle jusqu’à la troisième et 11 enseignants. Il y a maintenant 18 salles de classe : 7 en béton, 4 en fer et 7 caravanes.

C’est l’une des 22 écoles gouvernementales de la Vallée du Jourdain, mais il y en a seulement 3 pour les Bédouins. Celle-ci est une petite école mais très importante car elle permet à beaucoup d’enfants bédouins de la région d’être scolarisés. Les enfants viennent à pieds ou à dos d’âne. Cependant l’été, à cause de la chaleur, les familles quittent la région pour Ramallah mais les enfants continuent de venir à l’école et prennent le bus tous les jours.

L’école est sous la circonscription de Jéricho mais les enseignants viennent de différentes villes comme Ramallah, Naplouse, Jénine or Hébron. Même si certaines villes ne sont pas si éloignées de l’école en termes de kilomètres, les différents check points qu’ils doivent franchir quotidiennement rendent le trajet bien plus long et éprouvant.

Le projet

Mahmoud, le directeur de l’école depuis 2016, et Rashed, coordinateur de l’association « Jordan Valley Solidarity« , ont eu l’idée de construire une salle d’activités faite en briques de terre. La forme de la salle est inspirée de la forme des tentes bédouines traditionnelles et permet de faciliter les interactions entre les enfants. Les briques de terre sont naturelles, faciles à faire, elles gardent la pièce fraiche en été et protègent du froid l’hiver.

En Octobre, le projet a démarré. L’association « Jordan Valley Solidarity » et ses volontaires du monde entier, ont d’abord fabriqué les briques nécessaires à la construction de la salle d’activités.

Les fondations en béton et la structure intérieure en bois ont été installées puis les rangs de briques montés.

Ensuite, le toit a été installé puis recouvert d’une bâche, elle-même recouverte d’un mélange de boue et de paille, ainsi que des feuilles de palmiers pour l’isolation.

Fin novembre, une trentaine de personnes (Palestiniens et internationaux) sont venues aider à la construction du sol ainsi qu’à d’autres projets de rénovation dans l’école dont je parlerai plus tard. Nous avons mis à niveau le sol à l’aide de pierres et de sable, puis le béton a été préparé, coulé et enfin lissé pour faire le sol.

Ensuite, nous avons re-re-refait de la boue (on était devenus experts à ce moment-là haha) et avec cette dernière nous avons lissé les murs à l’intérieur et à l’extérieur tout en gardant la forme des briques puisque c’est ce qui fait tout le charme de cette construction !

Voilà à quoi ressemblait la salle de classe lors de mon départ fin janvier 2018 :

Si vous voulez aider l’association Jordan Valley Solidarity, vous pouvez devenir bénévole avec eux directement en Palestine, il y a toujours buy CBD products projets plus ou moins longs en cours et toute aide est la bienvenue (de la rédaction d’articles, aide informatique, participation à des projets de rénovation ou de construction, etc.), ou encore faire un don pour aider l’association à mettre en place ces projets ou soutenir des familles.

Toutes les informations, renseignements et l’actualité de la région et des actions de l’association sur le site  http://jordanvalleysolidarity.org/.

De manière plus locale, vous pouvez également soutenir l’antenne française de l’association Albertville – Jourdain Vallée Solidarité.

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Une goutte d’eau dans la mer.

Il y a quelques jours, j’ai pris l’avion pour partir (ou rentrer, c’est selon). Dans l’avion qui me menait à mon escale à Athènes, j’ai fait la connaissance de Joseph. Joseph a 92 ans, il est né et il a vécu toute sa vie à Marseille. Il va se baigner tous les matins à la Corniche. Avant il péchait, mais il a eu une maladie et il ne voit plus d’un œil. Parfois, il va quand même pêcher des oursins pour les cuisiner ensuite pour ses copines comme Carole, l’institutrice qui râle beaucoup. Mais lui, il n’en mange pas des oursins, enfin très peu, s’il en mange un « c’est le bout du monde ! ». Il m’a raconté le Marseille « d’avant ». Celui des vieilles traditions comme la Course des garçons de café, aujourd’hui oubliées.

Mais Joseph est aussi d’origine arménienne. En 2000, il avait donc 74 ans, il s’est dit qu’avant de mourir, il devait connaitre ses origines et voir le pays de ses parents. Alors il est parti, seul, à la découverte d’Erevan. Le matin, il partait tôt dans la ville et ne rentrait que tard le soir à son hôtel. Toute la journée, il marchait à la découverte de la ville et surtout de ses habitants. A Marseille, il entraine encore aujourd’hui des jeunes au foot, « Je suis le plus ancien du club, plus vieux même que le directeur » qu’il me dit d’un air malicieux. Alors c’est tout naturellement qu’il s’est tourné vers les jeunes en Arménie. Il a fait des parties de foot avec le peu de jeunes qui avaient un ballon, et ça lui a fait de la peine tous ces jeunes qui n’avaient pas grand-chose. Alors l’année suivante et les années qui ont suivi, il a ramené une valise pleine de ballons de foot, de raquettes et de balles de tennis et de badminton pour les donner aux jeunes dans la rue. « Oh c’est pas grand-chose, une goutte d’eau dans la mer ! ». Mais quelle goutte magnifique, pleine de bonté et d’humanité. Et ça lui fait plaisir.

Ces ballons et ces raquettes, ce sont des dons des associations parce que lui-même n’a pas grand-chose. Après son divorce il a tout perdu mais il a réussi à s’en sortir parce qu’il vit simplement, qu’il trouve du cuir dans les poubelles des cordonniers et qu’il crée des sacs et des pochettes, c’est son premier métier. Ces quatre dernières années, il n’a pas pu se rendre en Arménie à cause de la maladie, mais cette année, à 92 ans et en n’y voyant que d’un œil, le revoici dans un avion avec une valise remplie de ballons et de raquettes pour les jeunes d’Arménie.

A Joseph et à toutes les gouttes d’eau dans la mer. <3

L’aventurière fauchée – et sincère.

J’ai découvert le blog de Sarah Gysler « L’Aventurière fauchée » l’année dernière et je l’ai lu d’une traite. Il y a quelques années, cette Suissesse a décidé de quitter sa Suisse natale pour parcourir le monde. Elle est partie seule et sans un sous en poche. Sur son blog, elle raconte ses différents voyages : le premier en stop jusqu’au Cap Nord, son séjour avec une famille mongole, son voyage aux Philippines et tous ceux qui ont suivis.

Il existe beaucoup de blogs de voyage magnifiques, avec des filles toutes plus belles et plus stylées les unes que les autres, avec des photos incroyables et qui te racontent leurs trips géniaux et surtout parfaits. Ce que j’ai tout de suite aimé dans le blog de Sarah, c’est qu’elle y raconte de manière très sincère sa vie sur la route. Elle parle de ce qui ne va pas, de ses doutes et de sa solitude. La vie sur la route est faite de périodes magiques où tout se met en place facilement, où tout va bien, où tout est magnifique, mais aussi (beaucoup) d’autres moments (beaucoup !) moins faciles où ça foire, où on se sent seule et nulle.

Son blog m’a aidée à plus m’ouvrir sur mon voyage et m’avait inspiré ce post que j’avais partagé sur Instagram et Facebook au moment des 3 mois de mon dernier voyage. Je venais d’arriver en Palestine, j’étais submergée par de nombreuses émotions intenses et contradictoires, et je vivais surtout une grosse remise en question. Le voici :

« 3 mois de voyage.

C’est certainement la partie la plus difficile de mon voyage. On parle jamais vraiment de ça quand on voyage : les coups de mou, les coups de blues, les déceptions, les trucs qu’on avait pas prévu et auxquels on doit faire face, la fatigue, la lassitude, la solitude parfois.

Partir c’est vivre des choses magiques, rencontrer de nouvelles personnes, partager des moments fabuleux. C’est aussi se retrouver seul*e* faire face à ses angoisses, ne plus avoir de repères, se confronter à certaines réalités.

Depuis mon arrivée en Palestine, tous les sentiments se mélangent. Il y a la situation ici, l’enfer quotidien que vit la population palestinienne, les humiliations permanentes, la peur, les arrestations arbitraires, les tirs dans la nuit. Plus que de la tristesse c’est de la colère que je ressens. Souvent je me demande si ça change quelque chose ce que je fais, si ce n’est pas pour se donner bonne conscience, si c’est pas en vain. Et puis je me rappelle que le pays tient aussi le coup en partie grâce à la présence d’internationaux et d’ONG. J’essaie de penser aux gens et de croire que chaque geste, chaque action compte. Que dans ma vie quotidienne, c’est un mot, un sourire de quelqu’un qui peut changer ma journée.


Et aussi je me rappelle qu’une période difficile est parfois nécessaire pour aller mieux. Je me rappelle que c’est la vie que j’ai choisie et que c’est ça le bonheur : prendre ses propres décisions, être en accord avec soi-même. C’est pas avoir le sourire 24h/24h mais vivre la vie qu’on a choisi, dans les bons et les mauvais moments.
« 

Ce post m’avait valu beaucoup de réactions positives de la part de personnes qui disaient comprendre ce que je ressentais et étaient heureux de lire et de partager ces émotions-là. Finalement, je trouve que c’est ça qui est intéressant, partager ce que l’on ressent vraiment, se mettre à nu et permettre peut-être à d’autres personnes d’accepter ce qu’elles ressentent. Après avoir posté ce post et reçu les réactions, je me suis sentie un peu mieux, et petit à petit les choses se sont arrangées et j’ai récupéré mon énergie.

Je pense qu’il est vraiment important d’être honnête, dans la vie mais aussi sur ce blog. A quoi bon partager les mêmes photos et les mêmes commentaires que tout le monde sur le Trésor de Pétra ou le Jardin Majorelle de Marrakech. Ce qui est intéressant c’est la vision des choses, le ressenti de chacun sur le voyage, ce que l’on voit et ce que l’on comprend ou non.

Bref, de son blog et ses différents voyages, Sarah en a fait un livre où elle raconte comment elle s’est affranchie des pressions sociales et de son histoire familiale en/pour parcourir le monde sans argent… Inspirante, forte, drôle et fragile à la fois.

Alors ouvrez-vous, dites ce que vous ressentez, pleurez, criez et surtout, lisez le livre de Sarah Gysler « Petite » et voyagez pendant quelques heures avec elle, sincèrement.